EMDR vs EMDR-DSA : quelles différences ?

Carte en papier affichant “EMDR vs EMDR-DSA”, illustrant la comparaison entre l’EMDR classique et l’approche EMDR-DSA

Imaginez un instant que votre esprit soit une immense bibliothèque, parfaitement ordonnée. Chaque expérience de votre vie y est soigneusement classée dans un livre, rangé à sa place sur une étagère.

Mais parfois, un événement survient un accident sur l’autoroute entre Lausanne et Genève, une séparation douloureuse ou un choc émotionnel soudain et c’est comme si un livre refusait de se laisser ranger. Il reste ouvert sur le bureau, les pages s’agitent, et chaque fois que vous passez devant, vous revivez l’émotion, le bruit ou la peur comme si c’était hier.

En Suisse romande, de plus en plus de personnes cherchent des solutions pour apaiser ces « livres ouverts » qui envahissent notre présent. C’est là qu’interviennent deux acronymes que l’on croise souvent : l’EMDR et l’EMDR-DSA.

Si vous vous demandez laquelle de ces approches est faite pour vous, ou si vous vous sentez perdue face à ces termes techniques, cet article est là pour éclairer votre lanterne. L’objectif de cet article est de vous aider à comprendre comment ces outils peuvent transformer vos blessures en simples souvenirs.

Pourquoi EMDR et EMDR-DSA sont souvent confondus

Il est tout à fait naturel de confondre ces deux méthodes, car elles partagent un ADN commun très puissant. L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) a été découverte par la psychologue américaine Francine Shapiro à la fin des années 80.

Lors d’une simple promenade, elle a remarqué que des mouvements oculaires rapides diminuaient la charge émotionnelle de ses pensées négatives. C’était le début d’une révolution dans le traitement des traumatismes.

La confusion vient souvent du fait que l’EMDR-DSA (Désensibilisation par Stimulations Alternées) utilise exactement le même moteur : la Stimulation Bilatérale Alternée (SBA). Que ce soit par des mouvements des yeux, des petits tapotements sur les genoux (le « tapping ») ou des sons alternés dans un casque, le principe reste d’activer alternativement le cerveau gauche et le cerveau droit.

Elles sont aussi confondues parce que le protocole utilisé en EMDR-DSA est strictement calqué sur celui de l’EMDR standard. Nous suivons les mêmes huit étapes, de la préparation à la réévaluation, pour garantir la sécurité et l’efficacité du travail.

Cependant, l’EMDR-DSA se distingue par son approche dite « utilisative ». Là où l’EMDR classique est une psychothérapie formelle, souvent centrée sur des diagnostics cliniques comme le TSPT (Trouble de Stress Post-Traumatique), l’EMDR-DSA se veut plus souple et accessible, s’intégrant parfaitement dans des démarches d’accompagnement au mieux-être, comme la PNL ou l’hypnose.

Points communs : TAI, SBA et travail sur les souvenirs

Pour bien comprendre ce qui lie ces deux approches, il faut plonger au cœur de notre fonctionnement neurologique. Le grand pilier commun, c’est le modèle du Traitement Adaptatif de l’Information (TAI).

Le système de « digestion » de l’esprit

Le TAI postule que chaque être humain possède un mécanisme naturel et inné pour traiter les informations. C’est un peu comme notre système digestif : notre cerveau « digère » nos expériences pour n’en garder que la substance utile, l’apprentissage, tout en évacuant la charge émotionnelle inutile. Lorsque tout va bien, une expérience difficile devient un « souvenir narratif » neutre.

Mais quand un traumatisme survient, ce système est débordé. L’information reste stockée de façon dysfonctionnelle, figée dans un réseau neuronal isolé, avec les images, les sons et les sensations physiques d’origine. On parle alors d’un souvenir “bloqué”.

L’EMDR comme l’EMDR-DSA visent à relancer ce processus de digestion naturelle.

La magie de la SBA (Stimulation Bilatérale Alternée)

Le deuxième point commun essentiel est l’outil utilisé pour débloquer ces réseaux : la SBA. En forçant le cerveau à se focaliser à la fois sur le souvenir perturbant et sur un stimulus externe (mouvements des yeux ou tapotements), on crée une double focalisation.

  • Les mouvements oculaires : Ils semblent reproduire ce qui se passe durant le sommeil paradoxal (phase REM), moment où notre cerveau traite naturellement les événements de la journée.
  • La synchronisation des hémisphères : Cette alternance gauche-droite facilite la communication entre les zones émotionnelles (système limbique) et les zones rationnelles (cortex préfrontal) de notre cerveau.

Un protocole sécurisé en 8 phases

Enfin, les deux méthodes s’appuient sur une structure rigoureuse pour protéger le consultant :

  1. Anamnèse : Le thérapeute / le praticien explore votre histoire pour identifier les cibles à traiter.
  2. Préparation : Le thérapeute / le praticien installe des outils de sécurité, comme le « Lieu Sûr », une image mentale apaisante que vous pouvez rejoindre à tout moment.
  3. Évaluation : Le thérapeute / le praticien définit les paramètres du souvenir (image, pensée négative, émotions, sensations physiques).
  4. Désensibilisation : C’est le cœur du travail avec les SBA pour faire chuter la détresse émotionnelle.
  5. Installation : Le thérapeute / le praticien renforce une pensée positive et aidante (par exemple : « Je suis en sécurité maintenant »).
  6. Scanner corporel : Le thérapeute / le praticien vérifie qu’il ne reste aucune tension physique liée au souvenir.
  7. Clôture : Le thérapeute / le praticien s’assure que vous repartez dans un état stable.
  8. Réévaluation : Lors de la séance suivante, Le thérapeute / le praticien vérifie que les bénéfices sont bien consolidés.

Les différences essentielles en un coup d’œil

Malgré ces fondations communes, les nuances sont importantes, surtout pour vous qui cherchez l’accompagnement le plus adapté à votre situation actuelle en Suisse romande.

Le cadre et l’objectif

L’EMDR standard est une psychothérapie. Elle est principalement indiquée pour traiter des pathologies lourdes, comme le trouble de stress post-traumatique sévère après un événement de « type I » (accident unique) ou de « type II » (violences répétées). Elle est pratiquée par des psychologues ou des psychiatres certifiés.

L’EMDR-DSA, quant à elle, s’inscrit davantage dans le champ de la régulation émotionnelle et du mieux-être. Elle est idéale pour les « petits traumatismes » de la vie quotidienne qui, mis bout à bout, créent un sentiment d’insécurité ou des blocages (difficulté à parler en public, manque de confiance en soi, stress chronique). Elle s’adresse aux personnes qui ne souffrent pas nécessairement d’une pathologie mentale mais qui veulent retrouver de la fluidité dans leur vie.

La notion de « clés d’entrée »

C’est ici que l’approche EMDR-DSA montre toute sa souplesse. En EMDR classique, on part souvent d’un souvenir traumatique très précis. En EMDR-DSA, nous pouvons utiliser des « clés d’entrée » plus larges lorsque le problème est flou. Grâce au modèle S.C.A.R.E., nous pouvons commencer le travail à partir de :

Sensation / Ressenti physique (une boule au ventre, une tension dans la gorge).

Cognition (une pensée négative comme « Je ne suis pas à la hauteur »).

Attitude / Comportement (un évitement systématique d’une situation).

Ressenti / Émotion (une colère qui monte sans raison apparente).

Environnement / Scène (une image ou une situation actuelle qui vous perturbe).

Cette flexibilité permet d’intervenir même si vous ne savez pas exactement d’où vient votre mal-être.

L’intégration d’autres outils

L’EMDR-DSA est une approche métissée. Elle intègre des techniques issues de la PNL (Programmation Neuro-Linguistique) et de l’hypnose pour renforcer les ressources de la personne.

Par exemple, nous utilisons souvent la « Question Miracle » pour vous aider à vous projeter dans un futur sans le problème, ce qui facilite grandement l’installation de nouveaux comportements positifs.

En résumé

Si vous souffrez de blessures profondes et invalidantes, l’EMDR clinique est la voie royale. Si vous cherchez un outil agile pour désamorcer des stress du quotidien, réguler vos émotions ou franchir des étapes de vie avec plus de sérénité, l’EMDR-DSA est une alliée précieuse et efficace.

Sources :
  • https://www.ifemdr.fr
  • https://emdr-ch.org/fr/emdr/
  • https://francineshapirolibrary.omeka.net/
  • https://ahtma-formation.fr
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