Que vous habitiez sur les rives du Léman ou dans les montagnes neuchâteloises, vous avez sans doute déjà entendu parler de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) ou de l’EMDR-DSA, ces méthodes qui promettent de nous aider à retrouver notre équilibre émotionnel.
Passionnée par les neurosciences et la psychotraumatologie, je vois souvent revenir la même question : comment choisir entre ces deux outils ? Bien qu’ils partagent un objectif commun, aider à reprendre des repères et de la stabilité, ils ne cheminent pas par les mêmes sentiers.
La PNL : Le « mode d’emploi » de votre esprit et de votre communication
Votre cerveau est doté d’un système d’exploitation complexe, façonné par vos expériences, vos émotions et votre éducation.
La PNL, née dans les années 70 en Californie, se présente comme le mode d’emploi de ce système. Elle ne s’attarde pas tant sur le « pourquoi » de nos blocages, mais se concentre avec pragmatisme sur le « comment » faire pour que cela fonctionne mieux aujourd’hui.
Au cœur de la PNL, on trouve la notion de « carte du monde » : les sources nous rappellent que nous ne réagissons pas à la réalité elle-même, mais à la représentation subjective que nous nous en faisons. Cette approche est une véritable « boîte à outils » du changement. Elle nous apprend à observer nos programmes mentaux, ces habitudes et automatismes qui nous dictent comment agir ou ressentir et à les ajuster s’ils sont devenus limitants.
Pour une personne en Suisse romande cherchant à améliorer sa communication, à gérer son stress ou à atteindre des objectifs, la PNL offre des techniques comme le recadrage (changer d’angle de vue sur une situation) ou l’ancrage (associer un état positif à un stimulus précis).
C’est une méthode particulièrement efficace pour optimiser ses performances et renforcer sa confiance en soi dans le présent et pour le futur.
L’EMDR-DSA : Relancer la « digestion » des souvenirs douloureux
L’EMDR-DSA (Désensibilisation par Stimulations Alternées) nous emmène sur un terrain plus profond, celui de la régulation émotionnelle et du traitement de l’information. Cette approche repose sur le modèle du Traitement Adaptatif de l’Information (TAI), qui postule que notre cerveau possède une capacité naturelle à « digérer » les événements de la vie pour en tirer un sens utile.
Cependant, lors d’un choc émotionnel ou d’un traumatisme, ce mécanisme de digestion peut être submergé ou bloqué. Le souvenir reste alors « cristallisé » dans notre système nerveux, emprisonnant avec lui les images, les émotions et les sensations physiques d’origine. C’est là qu’interviennent les Stimulations Bilatérales Alternées (SBA), qu’elles soient visuelles, auditives ou tactiles.
Dans l’approche EMDR-DSA, nous utilisons ces stimulations pour relancer ce processus naturel d’intégration. Contrairement à la PNL qui peut travailler sur la structure globale de l’expérience, l’EMDR-DSA va cibler des « capsules de temps » où l’émotion est restée figée.
L’objectif est de transformer un souvenir perturbant en un simple « mauvais souvenir » qui ne déclenche plus de tempête émotionnelle dans votre présent. C’est un outil précieux pour celles qui se sentent entravées par des événements du passé qui continuent de résonner douloureusement dans leur quotidien.
Quelles sont les différences fondamentales entre ces deux mondes ?
Bien que ces approches puissent se croiser, plusieurs points essentiels les distinguent :
- Le point de départ et l’intention : La PNL est souvent orientée vers l’excellence et l’atteinte d’objectifs. Elle analyse ce qui fonctionne chez les autres pour nous aider à le modéliser. L’EMDR-DSA, quant à elle, est davantage centrée sur la résolution des perturbations émotionnelles liées à des vécus mal intégrés.
- Le rapport au temps : Si la PNL travaille beaucoup sur le « comment » agir dans le présent et se projeter dans le futur, l’EMDR-DSA remonte souvent le fil du temps pour aller traiter la source de la douleur émotionnelle stockée dans le passé.
- Le mécanisme d’action : La PNL utilise énormément le langage et la cognition pour modifier nos représentations. L’EMDR-DSA s’appuie sur une base plus neurobiologique via les stimulations alternées pour synchroniser les hémisphères cérébraux et apaiser le système limbique (le centre de nos émotions).
- La posture du praticien : En PNL, le praticien peut être perçu comme un guide ou un coach qui aide à explorer sa « carte ». En EMDR-DSA, pendant la phase de retraitement, le praticien se veut plus discret, laissant votre propre cerveau faire le travail de nettoyage interne sans trop intervenir par la parole.
Des ponts invisibles : Le VAKOG, notre langage commun
Malgré leurs différences, il existe des passerelles fascinantes entre ces deux méthodes. Le concept de VAKOG (Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif, Gustatif) est un excellent exemple.
En PNL, nous l’utilisons pour identifier votre canal sensoriel privilégié et ainsi mieux communiquer.
En EMDR-DSA, nous utilisons exactement ces mêmes canaux pour identifier les « clés d’entrée » du traumatisme et pour installer des ressources positives.
L’EMDR intègre des outils issus de la PNL, comme l’installation d’ancrages positifs pour stabiliser une personne avant de traiter un souvenir difficile. Les deux approches partagent également une vision humaniste : elles considèrent que chaque personne possède en elle les ressources nécessaires pour guérir et évoluer.
Comment choisir l’approche qui vous convient ?
Le choix dépendra souvent de la nature de votre besoin actuel :
- Optez pour la PNL si vous souhaitez améliorer votre communication, clarifier vos objectifs de vie, gérer une timidité passagère ou simplement mieux comprendre vos mécanismes de réussite. C’est une approche idéale pour le développement personnel au quotidien.
- Tournez-vous vers l’EMDR-DSA si vous sentez que vos émotions sont « hors de contrôle » face à certains déclencheurs, si vous souffrez de cauchemars, d’hypervigilance ou si un événement passé (même ancien) semble toujours aussi vif et douloureux aujourd’hui. C’est l’outil de choix pour la régulation des chocs émotionnels.
- Il n’est d’ailleurs pas rare de commencer par un travail en EMDR-DSA pour libérer le terrain émotionnel, puis de poursuivre avec la PNL pour reconstruire de nouveaux comportements et se projeter avec sérénité vers l’avenir.
Conclusion : Une symphonie pour votre mieux-être
En conclusion, la PNL et l’EMDR-DSA ne sont pas des rivales, mais plutôt des instruments différents dans une même symphonie dédiée à votre mieux-être.
L’une nous apprend à mieux jouer la partition de notre vie quotidienne, tandis que l’autre réaccorde les cordes qui ont été brisées par les épreuves.
L’objectif est de vous aider à choisir l’outil le plus adapté à votre situation du moment.
Analogie
Pour mieux comprendre cette complémentarité, on pourrait comparer notre esprit à un jardin.
La PNL serait alors l’art du paysagiste : elle nous apprend à tracer de nouveaux sentiers, à choisir les meilleures fleurs et à organiser l’espace pour qu’il soit harmonieux et fonctionnel.
L’EMDR-DSA, de son côté, serait l’action de déblayer les rochers enfouis ou de traiter les racines anciennes qui empêchent les nouvelles plantes de s’épanouir. Parfois, il faut d’abord retirer les pierres du passé avant de pouvoir dessiner le jardin de ses rêves.
Écoutez votre ressenti, car votre propre système sait souvent de quel outil il a besoin pour refleurir.
Sources :
- https://www.goodtherapy.org/learn-about-therapy/types/neuro-linguistic-programming
- https://www.medicalnewstoday.com/articles/320368
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Programmation_neuro-linguistique
- https://formation.lefebvre-dalloz.fr/dossier/communication/programmation-neurolinguistique-pnl
- https://www.vaudfamille.ch/N1684455/pnl-programmation-neuro-linguistique-origine-definition-et-pratique.html
- https://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=programmation_neurolinguistique_th
- https://ahtma-formation.fr